JISS - The Jerusalem Institute for Strategic Studies

Il y a un mois l’institut d’études stratégiques de Jérusalem (The Jerusalem Insitute for Strategic Studies – JISS) a ouvert. Il regroupe en son sein d’éminentes personnalités: intellectuels, universitaires, anciens officiers de l’armée. Leur objectif: rééquilibrer le combat d’idées en Israël, en portant une voix différente sur les sujets de politique étrangère, de stratégie et de défense, et ce depuis Jérusalem.

Le Dr Emmanuel Navon fait partie de l’équipe du JISS. Il a répondu à nos questions.

 

Guitel Benishay, 12.12.2017

 

 

Le P’tit Hebdo: Pourquoi avoir créé JISS?

Dr Emmanuel Navon: Il y a plusieurs acteurs non politiques qui interviennent dans le débat public dans le but de l’influencer. Les instituts de recherche en font partie. En créant JISS nous apportons une nouveauté dans le paysage israélien de ces instituts. Jusqu’à aujourd’hui, ils affichaient une orientation de gauche ou de centre gauche. S’ils sont, pour la plupart, respectables, ils n’en demeurent pas moins étiquettés. Plus à droite on peut trouver le Jerusalem Center for Public Affairs (JCPA) de Dore Gold mais il se charge surtout de hasbara aux Etats-Unis. Il y a aussi le centre Begin-Sadate à l’université de Bar-Ilan mais qui se trouve limité en raison de son caractère universitaire. L’idée était donc de mettre en place un think tank de droite pour rééquilibrer le débat et les sources d’influence. Par ailleurs, notre institut se situe à Jérusalem, alors que la quasi-totalité des centres de recherche sont dans la région de Tel Aviv.

Lph: En quoi consiste le travail du JISS?

Dr E.N.: Nous publions des articles de fond sur des sujets complexes et des articles courts, sur le modèle des éditoriaux, sur des sujets d’actualité. Nous revendiquons une approche conservatrice, de centre-droit mais surtout réaliste. Nos publications montrent que tout ne tourne pas autour de la question palestinienne.

Lph: Comment des publications d’un institut peuvent influencer les décideurs publics?

Dr E.N.: Nos publications sont un des outils que nous possédons pour créer ensuite un dialogue avec les décideurs publics et leurs conseillers. Nos contributeurs sont des personnes dont le statut leur confère une voix qui porte et qui est considérée.

Les think tank ont un pouvoir non négligeable. Le plan de désengagement de la bande de Gaza a été conçu au keness d’Herzliya en 2003 et l’idée aujourd’hui convenue de la solution à deux Etats était impensable il y a 40 ans. Si elle s’est imposée c’est en raison de l’action dans la durée des instituts de recherche.

Lph: Agissez-vous aussi auprès des medias?

Dr E.N.: Il est, en effet, très important d’être présent dans les médias, parce qu’ils influencent aussi directement les décideurs publics. Et dans ce monde également, nous constatons que la voix différente apportée par JISS suscite un intérêt: les medias sont à la recherche d’autres perspectives.

Lph: En quoi est-ce important pour la population civile de s’intéresser à des instituts comme le vôtre?

Dr E.N.: La population civile doit être consciente de tous les leviers d’influence. Elle doit comprendre l’influence des think tank sur les décideurs publics. En effet, investir le domaine des idées est au moins aussi important que de s’investir en politique. Les olim, en particulier ceux de France, doivent mettre leurs bagages intellectuels au service de ce combat d’idées. S’intégrer c’est aussi influencer l’avenir de son pays, prendre ses responsabilités dans la Cité.

LPH

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